La question est souvent posée de
savoir si la ligne que l'on
utilise pour le téléphone est apte
à la transmission des signaux d'une connexion ADSL. On peut bien
sûr le demander à son opérateur de
téléphonie, mais il peut être intéressant
pour diverses raisons de
s'en faire une idée par soi-même. Le paramètre
déterminant est l'affaiblissement de la
ligne, et plus précisément son affaiblissement à
la fréquence de référence de 300 kHz. Selon la
valeur de celui-ci, on pourra en effet bénéficier d'une
offre à tel ou tel débit.
La méthode décrite ici consiste en fait à mesurer l'affaiblissement à basse
fréquence.
L'affaiblissement
à 300 kHz semble en effet pouvoir s'en déduire par une
simple multiplication. Le tableau ci-dessous justifie cette proposition
en montrant que les câbles habituels
(Du moins ceux sur lesquels j'ai pu trouver des informations)
possèdent une caractéristique
affaiblissement/fréquence de pente à peu près
identique dans la bande
utile :
| diamètre
du fil (mm) |
ab
(dB/km) à 440 Hz |
ah
(dB/km) à
300 kHz |
k
= ah/ab |
| 0,4 |
1,19 |
15,0 |
12,56 |
| 0,5 |
0,96 |
12,4 |
12,86 |
| 0,6 |
0,77 |
10,3 |
13,36 |
| 0,8 |
0,60 |
7,90 |
13,14 |
L'idée est de mesurer successivement l'amplitude de la tonalité
d'invitation à numéroter dans deux conditions
différentes : À vide, puis sur 600 ohms.
Il s'agit d'établir un courant de ligne suffisant pour être détecté au central et provoquer l'émission du signal à 440 Hz, tout en présentant à celui-ci une impédance aussi élevée que possible. On recueille ainsi une tension égale à la f.e.m. du générateur installé au central. Le courant à 440 Hz étant considéré nul n'engendre en effet aucune chute de tension dans les fils de la ligne, supposée purement résistive et dénuée de capacité.
Il existe au moins deux types de
charges qui offrent passage au courant
continu tout en présentant une
impédance élevée en courant alternatif : La bobine
d'induction et le générateur de courant à
composant actif. Il m'a paru plus
facile d'utiliser ce dernier, sous la forme d'un simple transistor
bipolaire. J'ai donc réalisé le schéma très
simple représenté ci-dessous :

Le type de transistor est peu
important pourvu qu'il soit assez robuste
pour supporter une tension Vce d'une centaine de volts et dissiper une
puissance de l'ordre du watt. J'ai pour ma part adopté un BU508,
récupéré sur une épave de
téléviseur, parce qu'il satisfait allègrement ces
exigences et que je l'avais sous la main. La valeur de la
résistance R n'est pas critique.
Il suffit de remplacer l'ensemble
transistor-pile-résistance par
une résistance de 600
ohms de bonne précision. Trois résistances de 1800 ohms
1/2 W montées en parallèle devraient pouvoir jouer ce
rôle sans échauffement excessif.
Remarques :
Appelons E la tension mesurée à vide. Comme chacun sait, si on reliait la charge de 600 ohms directement aux bornes du générateur, dont l'impédance interne est supposée égale à 600 ohms, on mesurerait à ses bornes une tension E/2. Mais comme on ne relie cette charge qu'à l'extrémité de la ligne, on recueille une tension V inférieure à E/2. L'affaiblissement de la ligne n'est rien d'autre que le rapport entre E/2 et V. On peut donc écrire : A = E/2V.
Exprimé en dB cela donne : a
=
20 log A = 20 log (E/2V). Ou A = 20 (log E - log 2 - log V) si
vous préférez.
Exemple :
J'ai
mesuré chez moi E = 700 mV crête à crête et V
= 200 mV crête à crête. Si ces
valeurs vous semblent trop
"rondes" pour être vraies, sachez que c'est un pur hasard. En
dilatant l'échelle verticale sur l'oscilloscope,
j'appréciais en effet facilement la dizaine de mV. Il vient donc
a = 20 log (700/400) = 4,86 dB.
Il n'y a plus qu'à multiplier
a par le cœfficient k. En
choisissant pour ce dernier la valeur 13, le tableau ci-dessus montre
qu'on ne sera jamais très loin de la réalité.
David, j'ai bien reçu aujourd'hui 5 octobre ton message
suggérant l'utilisation d'un téléphone.
Malheureusement ma réponse me revient pour cause de destinataire
inconnu. Recontacte moi avec une adresse valide stp.
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